28.10.2008

Cures thermales : un déremboursement qui s'attaque aux plus faibles

L’annonce d’un amendement sur une réduction du remboursement des soins thermaux de 65% à 35% est vécue dans l’Allier –mais également dans d’autres villes thermales en Auvergne et dans la France entière- comme un coup de poignard.
Est-ce que, avant de proposer cet amendement, les députés de la commission des affaires sociales, et notamment le rapporteur UMP qui l’a proposé, se sont-ils demandé quels pouvaient être les effets d’une telle décision ? Y a-t-il eu ne serait-ce qu’un début de concertation avec les acteurs de la filière ? Ont-ils évalué la situation du thermalisme au plan local ?
En tant que président du Conseil général de l’Allier, j’appelle les parlementaires de tous les bords à s’opposer à cet amendement incongru et à réfléchir sur les conséquences d’une telle décision sur les populations à faibles revenus, sur les territoires dotés d’infrastructures thermales et, au-delà, sur l’évolution des mentalités concernant la santé.


Une proposition anti-solidaire : des économies sur la santé des plus pauvres
Le remboursement des cures thermales concerne des soins bien encadrés : les cures médicalisées de 21 jours. Adopter cette proposition saugrenue reviendrait à interdire purement et simplement les cures médicalisées aux curistes les plus modestes.
La médecine thermale, une des plus anciennes méthodes de soins d’Europe, est utilisée par de nombreux patients. Pas seulement de manière curative, face à une pathologie, mais aussi de manière préventive.
L’obésité, les risques cardiaques, le traitement des séquelles de certains cancers, la prise en charge des malades d’Alzheimer : les spécialistes du secteur travaillent sur des démarches scientifiques pour offrir de nouvelles réponses aux maux d’aujourd’hui.
Le thermalisme est un type de médecine douce qu’il faut continuer à favoriser. Réduire le remboursement des cures thermales revient à faire des économies sur le thermalisme social, sur la santé des personnes aux revenus modestes.
L’impact économique sur le thermalisme dans l’Allier
Le thermalisme dans l’Allier ce sont d’abord trois chiffres : 3 stations thermales (Vichy, Néris-les-Bains, Bourbon-l’Archambault), 2739 postes (l’équivalent de 1170 temps plein), un chiffre d’affaires de 13M€.
Le Conseil général de l’Allier est conscient que le thermalisme est un élément fort des développements économiques, touristiques et territoriaux.
Les stations thermales ne fonctionnent pas uniquement grâce aux cures médicalisées. Elles se diversifient aussi pour proposer des séjours de bien-être et d’autres cures non remboursées. Mais s’attaquer à une partie importante de leurs usagers et remettre en cause « le service médical rendu », c’est carrément saboter l’économie thermale, un des piliers de l’économie dans de nombreux départements.
L’activité thermale est essentielle à la bonne santé de l’hôtellerie départementale. Plus de la moitié de la capacité d’accueil marchande du département se situe dans les villes thermales.
C’est pour cela que le Conseil général de l’Allier soutient des structures comme Thermauvergne ou les Routes de villes d’eau du Massif Central, qu’il a contribué à créer.
Établissements thermaux et patients seraient pénalisés
A l’heure où la crise financière frappe l’économie, à l’heure où chaque citoyen, chaque entreprise, chaque collectivité s’interroge et analyse sa situation pour trouver des réponses afin de s’en sortir en 2009, cette proposition de la majorité UMP est un coup bas pour un territoire comme le nôtre.
Le député qui fait cette proposition considère que cette baisse du remboursement assurerait une économie annuelle de 60M€ pour l'État. C’est une goutte d’eau dans le déficit chronique de la Sécurité sociale ! C’est faire des économies sur la santé des populations défavorisées.
Adopter cet amendement reviendrait à porter un coup terrible aux établissements thermaux, mais aussi à la santé de nombreux patients.

Commentaires

Bonjour,
Je retiens deux aspects à cette mesure. Le premier est social évidemment, l'UMP en touchant les plus malades comme d'habitude, ils auront recours à d'autres soins qui seront chimiques et donneront tout le bonheur que l'on souhaite aux fabricants de médicaments en creusant encore un peu plus le déficit de la sécurité sociale. Le constat c'est que cette mesurette ne résoud en rien le but économique recherché. Elle le déporte sur un autre poste celui du médicament donc bénéfice zéro pointé. Le second aspect est économique et touche toute les stations thermales avec des emplois qui seront supprimés faute de curistes sans compter les dommages colatéraux comme les commerces, la restauration, l'hotelerie, etc, etc... Cette mesure si elle est adoptée ne rapportera même pas quelques miettes... De Pin (UMP) lui-même s'en est ému.
De nos jours il est plus aisé de trouver des milliards pour les banques que d'assurer des soins aux malades.

Ecrit par : sarkodingo | 29.10.2008

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