08.10.2008

La santé en milieu rural, trouver des solutions

Ce mardi, durant la réunion publique qui s'est tenue à Pouzy-Mésangy, une dame m'a posé la "question cruciale" de la désertification médicale. C'est une question qui revient à toutes les réunions publiques. Car c'est une grande préoccupation des habitants de l'Allier, notamment en milieu rural.
Aujourd’hui, le manque de médecins est dû à plusieurs facteurs. D'une part certaines erreurs du passé, comme le numerus clausus, qui a été mis en place pour réduire les dépenses de santé. On a aussi mal appréhendé la féminisation de la profession. Un certain nombre de femmes exercent différemment cette profession, elles arrêtent un certain temps quand elles ont des enfants ou préfèrent les villes plutôt que le milieu rural. Donc le milieu rural est délaissé. Un tiers des médecins de l’Allier n’exercera plus d’ici 6 à 8 ans. On est dans ces chiffres là ! C’est inquiétant.
Face à cela, comment on s'organise ? Au CG on ne va pas fabriquer des médecins. Mais on s’implique. Ce n’est pas de notre compétence, mais on a mis en place un certain nombre de mesures pour attirer des médecins. Il y a Wanted, « recherche médecins », une bourse versée aux étudiants en médecine au cours du 3e cycle, contre l’engagement de s’installer dans une zone déficitaire. Ça fonctionne à son rythme, deux médecins s’installent cette année, deux l’an prochain, deux l’année suivante.
Que peut on faire de plus ? Augmenter l’attractivité de nos territoires. Les médecins ne feront plus comme les anciens, 1 week-end sur 2 de garde, c’est fini. Les jeunes veulent des conditions différentes. Rompre l’isolement. Il faut rendre plus attractive l’installation. La maison pluridisciplinaire de santé, est un solution intéressante, à condition qu’elle se fasse autour d’un projet de soins. Il ne faut pas que ce soit de l’immobilier sur rien. Ce serait un lieu où l’on peut trouver infirmière, podologue, dentiste, kiné. Le but : Mutualiser un lieu, des charges et rompre l’isolement. Il ne faut rien s’interdire par rapport à ça. La collectivité aidera la mise en place de ces MDS. La Région s’engage aussi. On attend de Mme Bachelot, ministre de la Santé, un certain nombre de mesures. La collectivité veut bien faire quelques efforts, mais il faut s’organiser.
On veut aussi croire qu’on peut en avoir un certain nombre de médecins qui viendront si on leur propose de bonnes conditions. Donc nous arrivons avec une volonté de rendre notre département attractif, le montrer sous un jour accueillant. Pour cela il faut travailler la filière en amont. Les médecins qui sont en fac à Clermont ne viennent pas faire de stages dans l’Allier. Il faudrait que ça change. Nous avons la volonté de travailler ce sujet, on a bien identifié le problème.

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